samedi 22 mars 2008
Mariage du Monde / Jericho
La mariée était belle, le marié était beau, une union franco-palestinienne présageant des bébés pour le moins aware sur le balagan local vue leur ascendance diplomatico-journalistique (quel talent), inch'Allah peut-être eux naîtront-ils (grandiront-ils / vieilliront-ils / mourront-ils...) en paix.
L'occasion rêvée d'être "tous là", bien sapés sur maillot de bain, à se lâcher, open bar + Rita/debka aidant... à moins que ce soit l'air highant de Jericho, ce ne serait pas une première.
On mettra aussi sur le dos de l'air de Jericho les flux et reflux
d'affection d'éminents confrères, toujours prêts à refaire le monde, s'étourdir, me pousser dans mes retranchements. Voire tout en même temps, et je suis pas le genre à me défiler. Décidément, ces adultes sont formidables.
Et cékiki danse le sirtaki avec Saeb Erekat (chef des négociations palestiniennes) en live sur le blog de TF1? cé bibi!
Et cékiki a pécho le bouquet? cé bibi aussi!!
vendredi 21 mars 2008
Pourim / Jeru ouest
C'est Pourim*: fête costumée ininterrompue pendant quatre jours. Les rues grouillent de princesses, religieuses, chevaliers, tigrous, abeilles, maîtresses SM, et moi je dévale Ben Yehuda
déguisée en bonne fée. Auréole de fourrure blanche sur la tête et ailes roses dans le dos, je jette des sors aux voitures et exauce les vœux des passants avec ma baguette, renouant avec une sensation proprement magique de fantaisie d'enfant (bien plus fun qu'alors). Before au Gula, morts de rire on s'est tous surpassés (un cow-boy, un Village people cuir, un travesti, un footballeur XXS...) et c'est parti pour la soirée Bezalel des étudiants des beaux-arts, "meilleur teuf de l'année", ce soir au parking souterrain de la Knesset,
soit juste à côté de chez moi, ça c'est cool je rentre quand je veux. À l'entrée Jésus doit passer genre par la petite pièce pour se faire checker sa croix "for security reasons", la bonne blague.
Plafond bas; niveaux, lumières, bars et DJs multiples, tout ce que la ville compte de djeuns funky est là, déguisé, je me dis que ça doit être un peu comme ça en rave: profusionnel, écarquillant. Y'a tellement de choses à voir que j'arrive pas à danser, toutes les 5mn "je vais faire un tour" pendant que les autres restent groupés. Je me dis quand même on peut bien se lâcher desfois, mais lorsqu'après 1/2h
je sors des sheroutim en préfas et trouve un texto de R. "on est à gauche de la scène n°1", je me dis quand même c'est top les potes et cours lui sauter au cou.
* Pourim (hébreu : פורים Pûrîm « sorts ») est une joyeuse fête juive qui commémore la délivrance de tous les Juifs, à l'époque où ils vivaient sous la domination perse, en conséquence de la captivité à Babylone.
[ NEWS ]
Vendredi saint: des milliers de pèlerins défilent à Jérusalem
AFP vendredi 21 mars 2008
Des milliers de pèlerins catholiques du monde entier ont participé dans la Vieille ville de Jérusalem à la traditionnelle procession du Vendredi saint marquant la crucifixion de Jésus, deux jours avant Pâques.
Rassemblés en groupes, certains portant de grandes croix, les fidèles ont suivi les quatorze stations de la Via Dolorosa, le chemin de croix que Jésus, d'après la tradition chrétienne, a emprunté en portant une croix sur l'épaule avant d'être crucifié par les Romains. Ils récitaient des psaumes qui se mêlaient aux versets du coran diffusés par les minarets des mosquées de la Vieille ville avant la grande prière hebdomadaire musulmane du vendredi. Une odeur d'encens flottait dans l'air. Dans les étroites ruelles de la Ville sainte, des chrétiens marchant vers l'église du Saint-Sépulcre croisaient des musulmans se rendant sur l'esplanade des Mosquées.
La procession a commencé par un soleil radieux au niveau du couvent de la Flagellation, pour aboutir au Saint-Sépulcre considéré comme le lieu de sépulture de Jésus, haut lieu du christianisme dans la vieille ville de Jérusalem, occupée et annexée par Israël. Des représentants des deux familles musulmanes, Nousseibeh et Joudeh, qui détiennent les clés du Saint-Sépulcre depuis le 13ème siècle, ont ouvert ses portes tôt le matin pour permettre aux pèlerins de s'y recueillir. Le patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah, qui officie le service du Vendredi saint pour la dernière fois, ayant atteint l'âge de la retraite fixée à 75 ans, y est arrivé peu après le début de la procession. La police israélienne a déployé des renforts pour prévenir tout incident lors de la procession. "Je n'arrive pas à croire que je me trouve ici", dit d'un ton ému Maura Mendos, une femme au foyer de 54 ans venu du Texas (Etats-Unis), en arrivant au Saint-Sépulcre. "Spirituellement, cela me fait un bien énorme d'être ici. C'est un rêve qui se réalise", confie-t-elle. Flora Sequirante, médecin d'une cinquantaine d'année, a fait le voyage depuis Toronto au Canada. Elle est toute aussi émue. "C'est un privilège pour moi d'être en Terre sainte. Je ne trouve pas de mots pour décrire ma joie d'avoir pu prier sur l'endroit où Jésus a souffert et marcher sur ses pas".
Farid Doueibess, un chrétien de la Vieille ville de Jérusalem, regrette lui que ses proches qui habitent en Cisjordanie occupée n'aient pas pu venir en raison du bouclage imposé par Israël. "Il y a beaucoup de touristes mais les familles chrétiennes de Cisjordanie sont empêchées de venir. J'espère que cette situation changera à l'avenir", dit-il. Les marchands palestiniens de bibelots, dont le commerce à pâti ces dernières années d'une baisse du nombre de touristes en raison des violences israélo-palestiniennes, profitent de l'aubaine. "Le tourisme reprend en dépit de la tension persistante", explique Ghassan Attiya, 37 ans, qui tient une boutique à l'entrée du Saint-Sépulcre. Pendant la procession toutefois, la plupart des fidèles s'engouffrent dans l'église sans s'arrêter pour faire des emplettes".
Source : AFP
jeudi 20 mars 2008
Leur terre vue du ciel
Ce qui est fou, quand on survole le coin en hélico,
c'est de constater à quel point Israël est tout petit. Nous le montrer est l'objectif de ce tour pour journalistes - encore un groupe financé par des Juifs US voulant informer les journos étrangers désinformés. On est quatre reporters plus un pilote et un guide à kippa, un ancien de l'armée qui se réfère à la "Ligne verte" dont ceux qui ne croient qu'en la Bible ne parlent jamais ("we don't care about borders"). Un bon fixeur, ma foi.
15mn suffisent pour joindre Tel Aviv depuis Jérusalem quand il en faut 40 en voiture - 12 en moto selon un camarade Palestinien qui
participe aux courses pendant shabat quand les routes sont vides, mais il se la raconte un peu. En longeant le tracé du mur, ce qui est encore plus fou, c'est le contraste entre les lotissements israéliens bien rangés (Kfar Saba) et les villages palestiniens dont l'organisation paraît totalement anarchique vue d'en-haut (Qalqilia). Un peu comme s'il y avait un mur de 8m entre Vanves et Malakoff avec de part et d'autre, Marne-la-Coquette et le campement des Roms sous le périph. Le vert à perte de vue d'un côté, la terre séchée de l'autre. Des ponts, des routes, le quadrillage des champs et en face, rien; les collines. C'est manichéen? well ce que j'ai vu du ciel aussi c'est manichéen. Plus tard, en survolant Jerusalem, mon cœur battait comme au premier jour. Et puis j'ai vu la maison comme si j'étais dans le satellite de Google earth (love Beit Yaaqov forever).

(photos seulement du côté israélien: survoler la Cisjordanie n'est pas prévu "pour raisons de sécurité", ça pourrait être parce qu'on n'est pas chez nous, mais non).
Passage obligé à Sderot (sur les traces de McCain venu la veille) où les roquettes lancées sur Israël -tirées par des militants palestiniens depuis la BdG-
finissent par atterrir dans la cour du commissariat où on les garde pour mémoire. Le policier nous explique la différence entre les Qassam et les Katiouchas, qui dit-il ont fait leur apparition depuis que le mur entre Gaza et l'Égypte est tombé: plus lourdes, plus dangereuses et à plus longue portée (20m au lieu de 12).
Or, à peine 2km séparent Sderot de la Bande de Gaza... comme nous le montre l'arrêt suivant à un poste militaire sur la "frontière" où l'on s'entend du reste à peine parler vue la proximité du stand de tir (zoom: les immeubles là-bas au bout, c'est Gaza city) - et où on est tous déjà venus.
Retour à Herzilya d'où on a décollé et, comme on va pas se laisser abattre, on met le cap sur le Manta Ray, ze resto de poissons de la plage de Tel Aviv, avec mes trois confrères britannico-australiens. L'un n'est que de passage alors, après avoir déclaré "I'm British", il se jette dans les vagues pendant que le journal m'appelle. Compte-tenu du fond sonore, je rappellerai plus tard.
dimanche 16 mars 2008
Sea, taf and fun / Cesarée - Tel-Aviv
La journée allait être belle et je ne le savais pas encore.
Hier soir on a fêté le départ d'un BBC fellow reporter pour l'Afghanistan, puis constaté que le bon vieux Diwan -curieusement plein de haredis- bougeait bien sa drum'n bass pour un samedi, et j'étais rentrée en sautillant sur Sweet sweet Santa Diallo, mais tard.
A 8h30 en ce jour du Seigneur, je sors donc de chez moi embrumée, choisis le Holy bagel le plus appétissant et le sherout le plus lent pour me rendre à Tel Aviv. Arrivée du binôme: "Voilà ton casque. Comme on va aller vite je pousse les décibels, si tu veux me parler secoue-moi." Vroum. Malgré ses énormes sacoches sur les flancs, la bécane est bien plus vaillante qu'un bourricot. Le kiff oui! Faufilage entre les voitures, soleil sur la côte vers le nord, nez écrabouillé mais palpitant au top, s'accrocher devant c'est bizarre j'ai même pas vu son visage, remarque si je m'accroche derrière je m'envole, bon surtout gaffe à pas toucher son Ipod. Une petite pointe à 190, ouhla. En 20mn on est à Cesarée, d'ailleurs le champion de planche à voile qu'on est venus interviewer n'en croit pas ses oreilles.
La première médaille d'or olympique israélienne, c'est lui. C'était à Athènes en 2004. Fierté du pays et gloire du sport nautique, il aura sa page dans la "série olympique" de l'hebdo qui m'envoie. L'athlète m'explique la gloire, la défaite, l'année sabbatique, l'équipement modernisé et les faux départs en mer et l'entraînement qui désormais l'ennuie; je lui demande où il garde son trophée et si je dois mettre un "e" à "ami" lorsqu'il évoque son "friend". Sur le chemin du retour direction l'agence, vroum, je mets aussi la zique à fond et surkiffe. Les murs racontent le parcours du photographe à travers des clichés de guerre, de paix, de gens, de covers de Time, Stern, Figaro, Paris Match. On a bien travaillé, il est sympa comme un Israélien sympa.
J'ai faim et je veux acheter du tissu: je traverse Allenby pour rejoindre le souk HaCarmel. Coup de fil "le sherout qui a failli t'écraser là, on est dedans."
Off le dimanche, les petits Français de Jeru, aka mes potes, sont venus dire à la plage tout le bien qu'ils pensent du retour du printemps. Ils veulent déjeuner au mole, je préfère tenter la paillote yéménite et son ragoût de joue de bœuf, et ce truc là on dirait de la cervelle c'est quoi? Et me voilà à siester les pieds dans le sable avec Entrevue, quelle vie formidable.
Deux confrères m'arrachent à la sieste.
Celui qui se marie est venu jusqu'à "the Bubble" trouver son costume: "À Ramallah j'ai tout essayé, tout est moche." On sait, pareil pour la liste de mariage... mais on a de la suite dans les idées. Après essayages, le marié a l'air heureux et son hooked-up pote aussi. Retour par la route 443 dite "de l'apartheid", où un check-point a été ajouté 1km avant celui de Qalandia, ça bouchonne mais qu'importe, j'adore être avec des journalistes.
vendredi 14 mars 2008
Dans ma grotte / Beit Yaaqov
Franchement, boucler quinze collaborations et au moins autant de papiers restés en suspens, c'est de la gnognote à côté de la véritable épreuve de force: jeter mes journaux. J'aurais pu dire oui aux copains qui m'invitent. Battre la campagne. Visiter tout ce que j'ai procrastiné pendant un an et demi. Ou prendre un billet de retour une semaine plus tôt. Si j'avais tout balancé au lieu de les trier page par page, mais bon, ça me fait ça à chaque fois que je déménage... quelle névrosée.

Sinon le dej au marché avec Yaron c'était sympa. Ici aussi ça a sauté plein de fois.
samedi 8 mars 2008
Ca, c'est fait
Première télé ! trois live, ça se fête. La libération
de Tom ça se fête aussi, mais j'ai pas pu.
A propos de libération, eux aussi m'ont fait bosser dis donc ça le fait. Couvrir un attentat avant de partir, c'était bien ! ne pas confondre satisfaction professionnelle et cynisme, je sais tb à quoi m'en tenir.
vendredi 7 mars 2008
Attentat / Kyriat Moshe - Jéru ouest
Confusion totale devant les grilles fermées du Merkaz harav, l’école religieuse juive du quartier de Kyriat Moshe, à l’entrée de Jérusalem ouest, où un Palestinien a ouvert le feu,
tuant huit personnes et en blessant une dizaine d’autres. Responsables politiques et policiers entourés de journalistes se bousculent devant le bâtiment alors que les ambulances et les forces de l’ordre se déploient, et que les secouristes s’activent. «Mort aux Arabes!» crie une foule grossissante de religieux sur le trottoir d’en face.
Le maire de Jérusalem Uri Lupolianski parle d’une soirée « très triste » pour la ville.
«En entrant dans la yeshiva, j'ai vu deux morts étendus sur le sol de la bibliothèque, raconte Yehuda Meshi Zahav,
chef des services de secours Zaka. Le terroriste était habillé comme les étudiants, alors les policiers ne savaient pas qui était qui, ni combien il y avait de tireurs.» Contrairement à ce que les premiers témoignages affirment sur place, l’auteur de l’attaque a agi seul. Il aurait été blessé par un élève puis abattu par un officier de l’armée israélienne habitant le quartier, accouru au son des tirs. «Quand je suis entré, les policiers étaient en train d’enlever la bombe qu’il portait sur lui [en fait, une ceinture contenant des munitions] et disaient qu’il restait encore un terroriste dans l’école», raconte Ilan Klein. Étudiant le jour, secouriste volontaire pour la Zaka cette nuit, il a enfilé gants en caoutchouc et blouse blanche par-dessus son gilet pare-balles:
«Nous avons évacué six personnes, trois blessés légers et trois graves. On cherchait d’autres gens à qui porter secours, mais il n’y avait que des morts, des jeunes de quinze ans. J’ai soigné un blessé qui avait deux balles dans le ventre, on l’a mis sous oxygène et il est parti en ambulance. Il y avait beaucoup de sang et du bruit, des élèves qui couraient…» La police fouille chaque recoin de l’école, toutes les fenêtres sont allumées. Des parents veulent savoir si leurs fils figurent au nombre des victimes.
Considérée comme la maison-mère du sionime religieux, cette école talmudique est l’un des séminaires les plus illustres de la ville sainte: «C’est sur les bancs du Merkaz harav qu’est née la colonisation» explique un reporter israélien familier des lieux. «Elle a été fondée il y a quatre-vingt six ans par le rabbin Kook», insiste Rahim Katz, l’un des responsables de l’établissement, «le monde doit comprendre que ce massacre a lieu dans l’un des lieux saints de Jérusalem.» Il était en tout
cas particulièrement peuplé ce soir, puisqu’on y célébrait le premier jour du mois d’Adar selon le calendrier hébraïque, au cours duquel se déroule la fête juive de Pourim. Et pour l’instant, il n’a pas été revendiqué. «Nous payons le prix d’une politique de négociations au cours desquelles les pauses permettent à de tels drames de se produire», juge Meir Indor, président d’Almagor, l’association des victimes du terrorisme: «On ne négocie pas avec les terroristes!» Cette attaque est la plus meurtrière en Israël depuis l’attentat suicide qui avait fait onze morts et une soixantaine de blessés à Tel Aviv, le 17 avril 2006.
Source : 20mn
samedi 1 mars 2008
"Hiver chaud" / Ramallah
Ce week-end je me mets au vert chez Gabi, Pierrot et Tom. C'est triste,
sa chambre vide depuis six semaines qu'il est coincé en Jordanie:
il attend que "le consulat débloque la situation auprès des autorités israéliennes". Alors on l'appelle, on prend l'air, on fait la cuisine, on mange et on sieste au soleil reggae à fond, on vise les chats avec les fusils qu'ils se sont offerts au ramadan. En Cisjordanie un appart de 160m2 dont 100m2 de terrasses c'est rare, mais pas autant qu'un tel panorama sans colonie.

Pas rares non plus, les palaces construits dans les 80s par les amis d'Arafat, qui reviennent rarement de leur exil du Golfe. Ca sent le roussi pour ces notables enrichis à mesure que le peuple s'appauvrissait en se laissant convaincre par une offre politique islamiste et surtout sociale - comme quoi les Palestiniens ne sont pas que des vieilles dames hurlant à la mort, mais il y en a et elles sont pauvres.

À l'est, Ramallah, à l'ouest, tout au bout c'est Gaza où l'opération "Hiver chaud" bat son plein: plus de 70 Palestiniens morts et deux soldats israéliens tués entre samedi et dimanche. Si l'on compte les morts depuis mercredi, où un Israélien a été tué par une roquette, 116 Palestiniens, dont 22 enfants et 12 femmes, ont été tués. L'opération la plus meurtrière menée par l'armée israélienne depuis le déclenchement de l'Intifada en 2000.
Après on part à Jéru comme des kékés en 4x4-les-pneus-qui-crissent, on est samedi soir ou bien? la route qui relie Ramallah à Qalandia est enfin terminée,
et vu que les chars sont trop occupés à Gaza
pour piétiner le bitume de la West Bank, la chaussée est encore intacte. Y compris après le Croissant rouge où un feu s'emballe près de la station-service, l'an dernier y'a eu six morts comme ça, me dit Gabi en finissant sa Taybeh. Y compris sur le tronçon qui borde le camp de réfugiés où l'autre jour, un type sorti de prison voulait tout cramer surtout les expats, downtown l'info passait par téléphone arabe mais n'a empêché personne de bouger au Toys bar. Enfin, on chope un pote-de-pote Franco-jordanien qui fait son petit effet jusqu'à chez moi, où on s'offre un apéro-beuz avant d'aller dîner aux chandelles et de rentrer pas trop tard parce qu'à 6h30 le nouvel ami du CICR part soigner les blessés de Gaza.
lundi 25 février 2008
Rémission en 2 temps / Jeru Est - Jaffa
Dimanche. Allez je vais à la messe. Rencontre inattendue: F. Nous n'avons jamais pris le temps de devenir amis, mais sommes conscients du potentiel. C'est confirmé. On appelle Edgar, l'ami commun, qui nous rejoint avec son ami à lui pour faire ripaille au Jerusalem hotel, malgré son avion quatre heures plus tard. Bombance puis direction chez moi pour le café, je trouve son inconscience toujours aussi géniale. Edgar habite sur un nuage entre Paris et Jeru, il vit au plus proche de la vie et maintenant on a des liens quasi familiaux. Le rencontrer, lors de mes premiers jours ici, m'a fait comprendre combien je recevrais en restant.
Il aura son vol et je reste avec F. qui a décidé de s'occuper de moi. Il est question de signes et de chasse aux trésors. J'étais partie faire ma petite prière
en solo, et me voilà siestant sur un transat, enroulée dans une couverture sur une terrasse de la vieille ville, chez mon nouvel ami qui m'apporte "une tisane bien chaude".
Lundi. "Bon ben moi il faut que je me mette à la nécro de Péres" dit la correspondante de RFI à celui de France Inter en reposant le menu. "C'est bon, la mienne est prête"
opine celui du Monde, décidé à prendre le poisson pêché par le père du taulier. On a beau être à Jaffa dans un décor palestinien sauce "littoral israélien" (bling bling), le patron raconte en français qu'il sera dans quelques jours à la Maison Blanche, la boîte de l'avenue Montaigne où les Russes dansent sur les tables, foi de correspondant de TF1. Et que font cinq correspondants à Jerusalem autour d'un festin après une session d'interviews à l'ambassade (où ce funky tableau accueille le visiteur)? Ils se font plaisir, mettent joyeusement en commun leurs histoires et chouchoutent la petite dernière qui leur annonce son départ. Les voir me donne confiance et le sentiment d'une bonne direction. J'ai retrouvé le sourire.


























